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J’attache également beaucoup d’importance au social. Nous sommes en train, de mettre en place avec le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) des services à la personne. Outre le portage de repas à domicile que nous faisons maintenant depuis vingt ans et la téléalarme avec le Conseil général, nous prévoyons une assistance administrative à domicile. Un travailleur social ira chez les personnes ne pouvant se déplacer, pour les aider sur le plan administratif ou pour un accompagnement social. Début 2010, sera également mis en place l’accompagnement au transport, pour permettre à des personnes âgées isolées ou handicapées d’aller faire des courses sur le territoire communal ou de se rendre à un rendez-vous médical, à la pharmacie… Et puis on aidera aussi ponctuellement pour des travaux de petit bricolage et de jardinage.
Enfin, sur le plan de l’urbanisation, on va réfléchir à l’aménagement d’une zone d’une vingtaine d’hectares, située dans le centre-bourg, entre la route nationale 824 et le centre-bourg. On créerait une ZAC, une Zone d’Aménagement Concerté, avec de l’habitat, des équipements publics et de loisirs. C’est un projet important pour le développement de la commune, qui se fera par phase, sur un nombre d’années conséquent.
Pontonx compte plus de 2500 habitants. La pression foncière y est-elle importante ?
Nous avons en effet une demande importante pour l’accession à la propriété et pour la location. Nous sommes à 10-15 minutes de Saint-Paul-lès-Dax et de Dax et nous offrons sur Pontonx tous les services, à la fois pour la petite enfance, avec une crèche halte-garderie, une école avec garderie, cantine et étude surveillée. Nous avons aussi une médiathèque très appréciée par la population locale et des environs, un cinéma qui programme cinq ou six séances par semaine, un tissu associatif qui propose des animations dans les domaines sportif et culturel, et également sur les loisirs. La musique par exemple est un élément important, avec une école de musique, une harmonie municipale, et une banda, qui sont performantes et qui animent tout au long de l’année les manifestations qui se déroulent dans notre commune.
L’une des grosses actualités de Pontonx a été la fermeture de l’usine Sony au printemps dernier…
En 1982-1983, j’ai vécu en tant que premier adjoint l’arrivée de Sony à Pontonx. Avoir réussi avec le Président du Conseil Général, Henri Emmanuelli, à faire venir à l’époque cette unité de Sony sur Pontonx, a été un événement de portée départementale et régionale. C’était vraiment une chance pour le territoire. Aujourd’hui, ma déception est grande de voir ce groupe quitter Pontonx. Je le regrette et je suis très amer. Je pense aussi bien sûr aux 310 salariés qui y travaillaient. Je comprends que l’évolution technologique obligeait à abandonner la fabrication de cassettes vidéos, mais j’aurais souhaité que Sony installe dans ces locaux, sur 18 hectares de terrain, une autre activité, liée au numérique. Je pensais qu’il pourrait y avoir une continuité d’activité en formant les gens, puisqu’il y avait ici un potentiel humain de qualité. Ca n’a pas été le cas, malheureusement, et c’est pour cela qu’aujourd’hui, je suis un peu amer.
Où en est la reprise du site ?
Solarezo, Société Lyonnaise alliée avec la société DRT (Dérivés Résiniques et Terpéniques), installée à Vielle Saint-Girons, a repris les locaux de l’usine Sony et a démarré son activité de fabrication de panneaux photovoltaïques fin 2009. Même si bien sûr on a en tête que tous les personnels de Sony n’ont pas retrouvé un emploi à l’heure actuelle, c’est quand même un ballon d’oxygène de voir qu’une activité va se poursuivre dans cette usine. Ma grande crainte, pendant ce conflit, était en effet que ces locaux deviennent une friche industrielle. Un premier recrutement est réalisé avec 37 personnes. Il y aura une centaine de personnes d’ici à un an, 200 d’ici à deux ou trois ans. Parmi ces premiers postes, on retrouve quelques anciens salariés de Sony.
Dans vos projets figure également une augmentation de la surface de la zone artisanale et industrielle…
Aux vues de ce qui s’est passé pour Sony, nous voulons maintenant conforter un peu le tissu industriel et artisanal du secteur et donc nous sommes en train de réfléchir à l’extension de la zone d’entreprises pour pouvoir proposer des terrains viabilisés à des artisans ou des industriels. Nous travaillons bien sûr dans ce domaine là avec la Communauté de Communes du Pays Tarusate qui est compétente en matière de développement économique. Actuellement, les travaux pour la construction d’une écloserie d’entreprises sont bien avancés. Nous pourrons ainsi proposer à partir de juillet 2010 des locaux pour des créateurs d’activités.
Nous avons également une autre zone sur laquelle nous réfléchissions avec la Communauté de Communes, la zone dite de la Gare de Laluque-Pontonx, où nous avons procédé à des acquisitions foncières. Nous souhaiterions y développer une grande zone industrielle, dédiée au fret, puisque Pontonx sera au croisement de la voie ferrée actuelle : PARIS - IRUN et de la nouvelle Ligne à Grande Vitesse, la LGV. Même s’il n’y a pas de volonté politique majeure à l’heure actuelle au niveau national, je reste persuadé, qu’un jour ou l’autre, le fret devra se développer pour éviter ces murs de camions circulant sur les autoroutes ou les routes nationales.
Outre votre mandat de maire, vous exercez nombre de fonctions. Quelles sont-elles ?
Je suis Président du Conservatoire de musique des Landes, qui compte une centaine de professeurs de musique et qui dispose d’un budget de 4 millions d’euros. Je suis aussi président de l’Agence Départementale d’Aide aux Collectivités Locales, l’ADACL, qui emploie une trentaine de personnes. Ces dernières sont au service des collectivités du département, sur les plans juridique, financier, urbanisme et formation des élus. Nous avons numérisé le cadastre pour les collectivités landaises. Nous gérons aussi l’établissement public foncier local, structure départementale d’acquisition foncière pour le compte des collectivités, en partenariat avec le Département. L’ADACL est un établissement public important, au service de toutes les communes et en particulier des plus modestes, qui n’ont pas de service juridique ou qui n’ont pas dans leur secrétariat de mairie des gens compétents dans tous les domaines.
Je suis aussi, dans le domaine de l’eau, vice-président de l’Institution Adour pour les Landes. C’est un établissement public territorial de Bassin. L’Adour coule sur quatre départements, les Hautes-Pyrénées, le Gers, les Landes, et les Pyrénées Atlantiques. Ces réunions sont toujours un lieu de débats, avec des approches différentes : d’un côté le milieu agricole qui défend l’irrigation, et de l’autre les consommateurs et les associations de protection de l’environnement. J’ai une autre présidence, le SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) de la Midouze, qui prend en compte toutes les problématiques du bassin versant. La Midouze, c’est le Gers et les Landes, 128 communes au total. On parle là de qualité des eaux, des problèmes de quantité, de ressource en eau, de gestion des milieux et de tous les usages sur le bassin versant. Je suis également président du SIAVMA, syndicat qui regroupe toutes les communes riveraines de l’Adour de Aire à Dax et qui gère notamment l’entretien végétal des berges, les atterrissements.
Enfin, ma fonction première est d’être responsable du sport au niveau du Conseil Général. Cela me prend beaucoup de temps. Les événements sportifs et les Assemblées générales sportives se passent le week-end. C’est très prenant mais je pense qu’il faut être présent dans ces assemblées, non seulement pour représenter le département et la politique sportive départementale, mais aussi pour être à l’écoute des problèmes que connaissent ou que peuvent connaître les clubs et les comités.
Comment parvenez-vous à concilier toutes ces responsabilités ?
Je suis pris du matin au soir, et quand je dis le soir, c’est souvent en fin de soirée. Entre la mairie et les tâches diverses au niveau du département, mon planning est vraiment très complet et j’avoue, parfois difficile à suivre. Je suis retraité, mais quand j’avais une activité professionnelle d’enseignant, avec l’accord de l’inspecteur d’Académie, je m’étais mis à mi-temps pour pouvoir assumer convenablement les tâches qui m’étaient confiées. Parce que ce n’est pas tout d’avoir des Présidences, mais il faut suivre les dossiers ! Et puis être sur le terrain. Encore une fois, c’est passionnant. Si on le fait, c’est parce que ça plaît… et je pense en particulier au milieu sportif landais que je connais bien, pour avoir fait du sport dans le passé. Je suis toujours heureux de retrouver des dirigeants qui sont souvent d’anciens pratiquants.
Les habitants de Pontonx savent tout ce que vous faites ?
Les administrés voient sans doute que je suis fort occupé et un peu partout dans le département, mais je ne sais pas s’ils se rendent compte vraiment de l’ampleur des missions qui m’ont été confiées. J’essaie quand même d’être présent le plus souvent possible pour les manifestations qui se déroulent sur Pontonx, et d’être à la mairie, parce qu’il faut gérer au quotidien les dossiers municipaux. Maintenant, je peux m’appuyer et compter sur mes adjoints et les conseillers municipaux, et sur une bonne équipe administrative.
Quels sont vos souvenirs les plus forts ?
Ils sont liés à des réalisations, d’avoir pu offrir des services de qualité à la commune, comme la crèche et la médiathèque, sur deux secteurs différents, l’un social, l’autre culturel. C’est une satisfaction d’avoir pu mener au bout ces deux projets qui me paraissent importants pour la vie quotidienne de Pontonx. Je suis fier en particulier de la médiathèque : structure novatrice en 1995, étudiée avec la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles).Elle a été inaugurée en 1998 par la Ministre de la Culture de l’époque Catherine Trautmann, parce que nous étions dans les 100 premières de France. A l’époque, c’était la première des Landes et dans les deux premières en Aquitaine. C’était un nouveau concept avec livres, CD et nouvelles technologies. Un animateur a pu initier et former les membres d’associations ou de simples citoyens à l’outil informatique. Aujourd’hui, grâce à un personnel compétent, c’est un véritable succès. A un moment donné, nous avions plus d’adhérents dans cette médiathèque que d’habitants à Pontonx. Des gens de Dax y venaient régulièrement. Elle est encore très fréquentée, à la fois par des jeunes et des moins jeunes. Toutes les strates de la population sont concernées par cet établissement, et je ne peux que m’en réjouir.
Vous étiez à Paris en décembre dernier aux côtés des autres maires de France pour manifester votre mécontentement contre la réforme des collectivités locales. Quels seront les changements au niveau des communes ?
Les habitants ne mesurent pas à l’heure actuelle la portée des réformes qui sont à l’étude. Aujourd’hui, on supprime la taxe professionnelle (TP), mais on ne sait pas encore par quoi elle va être remplacée. On nous dit qu’elle sera compensée pendant un ou deux ans, mais au-delà, on sait très bien que cette compensation va diminuer d’année en année car on n’aura plus le droit, en tant que commune ou communauté de communes, de choisir le taux de l’impôt. Ce qui va se passer, c’est un transfert de fiscalité vers les ménages. Parce que si on veut garder des services publics à niveau, il faudra toujours les financer, et par conséquent avoir des recettes. Et ces recettes diminuant du fait de cette réforme, il faudra trouver au niveau local des compensations. Malheureusement, on risque d’agir sur la fiscalité et donc sur les citoyens.
Pensez-vous que les citoyens ont conscience des répercussions sur leur quotidien ?
Non, pas complètement. Je suis persuadé qu’à ce jour, certes ils sont un peu conscients des répercussions possibles sur la fiscalité, mais ils ne mesurent pas toutes les retombées, ne connaissant pas toutes les subtilités de fonctionnement des communes, des communautés de communes, des départements et des régions.
Quand on parle à l’heure actuelle de suppression de la clause de compétences générales pour les Départements et les Régions, je ne suis pas du tout sûr que celui qui entend cela le midi ou le soir à la télévision comprenne de quoi il s’agit. Très franchement, je crois que tous les milieux politiques, quelle que soit leur sensibilité, ont compris les enjeux. Mais dans l’opinion publique, je ne suis pas sûr. Il faut donc expliquer cette réforme par des exemples concrets : aujourd’hui on vous aide pour cette action… demain, on ne pourra peut-être plus le faire !
Quelles pourraient être les répercussions des changements en ce qui concerne les compétences générales ?
Je suis justement en train de l’expliquer actuellement dans toutes les AG départementales des comités sportifs auxquelles j’assiste. Si la clause de compétences générales est supprimée, le département aura certaines missions, mais ne pourra peut-être plus agir sur d’autres : le sport, la culture… On peut imaginer les conséquences si les comités ou les clubs sportifs ne bénéficient plus d’aides départementales ! Par ailleurs, si le Conseil Général ne peut plus aider les communes pour la construction des écoles, les communes vont être dans la difficulté. A Pontonx, nous aurons du mal à réaliser notre espace culturel si nous n’avons pas une aide du département. En réalité, avec la suppression de la taxe professionnelle et cette réforme territoriale, c’est un véritable projet de recentralisation qui se met en place entraînant un amoindrissement important de l’autonomie fiscale et financière des collectivités locales. Espérons que les débats futurs à l’Assemblée Nationale et au Sénat apporteront des améliorations significatives à ce projet. Mais je suis sceptique. Je crois que le Président de la République et le Gouvernement ont la volonté d’aller jusqu’au bout ! |