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jeudi 09 février 2012
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Saint-Justin crée un site internet pour faire connaître ses nombreux attraits

Découvrez Saint-Justin en images en cliquant ici
Fondée il y a huit siècles, Saint-Justin, commune de près de 1000 habitants située aux portes du Bas-Armagnac, retrouve aujourd’hui son dynamisme. Après l’exode rural connu ces trente dernières années, elle attire de nouveau. Et l’A65 et la future LGV ne feront que renforcer son attractivité, comme l’explique Philippe Latry, maire depuis 2008, qui revient également dans cet entretien sur l’impact de la réforme des collectivités.
En faisant appel aux services de l’ALPI, Saint-Justin vient de lancer son site internet. Quel est le but recherché ?
On est une nouvelle équipe municipale, jeune (entre 33 et 56 ans), habituée à utiliser ce type de supports, comme le font du reste l’ensemble des citoyens. On voulait aussi ce site en complément d’information du bulletin municipal, qui paraît deux fois par an et qui permet de communiquer auprès de ceux qui n’ont pas internet, notamment les seniors. Grâce à ce site, nous sommes en harmonie avec la communication de notre temps. Il permet d’offrir des services, comme la réservation de salles, de l’information sur les tarifs, sur les services de la mairie. Il propose également des fiches sur les 22 associations de la commune. Cette dernière ne manque pas d’attraits. Il était important pour nous de le faire savoir par le biais de cette fenêtre ouverte sur le monde.
Découvrez le site de Saint-Justin en cliquant ici.
Comment définiriez-vous Saint-Justin ?
C’est une petite commune, de 922 habitants, sur 6500 hectares, qui offre de nombreux services et un tissu commercial artisanal qui a connu les mêmes vicissitudes que tous les villages ruraux avec la fermeture de commerces. Mais il est en train de se redynamiser. On a eu récemment l’installation de deux maçons. On a encore des commerces, notamment cinq points de restauration. Et puis un projet en cours : l’installation d’un Intermarché sur 1000m² avec une station service. En 10 ans, on a connu la fermeture des trois stations-service.
C’est un petit village, mais on l’a bien aménagé. Avec la D 933, pratiquement 7 000 véhicules/jour en moyenne le traversent, dont 900 poids lourds. On a réussi à le rendre plus attractif et à capter une partie de ce flux, notamment en saison. Ca a évidemment une incidence sur l’activité commerciale, puisque ça fait du monde qui consomme dans les restaurants, les cafés, qui s’arrête à l’épicerie. On a aussi des points arrêts pique-nique qui sont bien connus des usagers habituels de cette route et des toilettes publiques.
Si nous n’avions que ce flux de circulation qui traversait le village, ce serait une contrainte. Souvent, la question m’est posée de savoir s’il y aura un jour une déviation sur Saint-Justin. J’aurais tendance à dire que le plus tard sera le mieux. Il est vrai que ça nous cause des contraintes et quelques nuisances, mais je crois que si on fait le bilan, le solde est globalement positif.
On a, il est vrai, un goulot d’étranglement lié à l’histoire de la commune. Le cœur de ville a gardé la configuration de la bastide fondée au 13 ème siècle dans une boucle de la Douze, qui constituait un élément de défense naturel par rapport à l’envahisseur, qui était proche… La Bastide d’Armagnac avait fait allégeance au Roi d’Angleterre alors que celle de Saint-Justin était tenue par des seigneurs gascons.
Souhaitez-vous mettre davantage en valeur la bastide, que l’on ne voit pas depuis l’axe principal ?
Un effort a été fait par la réhabilitation des Allées Gaston Phoebus. En y facilitant le stationnement, on encourage l’arrêt du public en transit. Il est ensuite important de lui dire qu’il existe des choses à voir. C’est l’objet de la signalétique mise en place sur le bourg, mais il reste encore du travail à faire. Nous avons aussi fait des efforts en termes de réhabilitation de bâti, notamment sur le logement. On a aujourd’hui 18 logements communaux, pour la plupart situés le long de cet axe. Ca a contribué à une mise en valeur des façades, ce qui constitue aujourd’hui un atout important.
Que va changer pour vous la mise en service de l’A65 ?
Saint-Justin est situé à 11 km des échangeurs de Roquefort et du Caloy. Ce positionnement géographique va nous servir et nous rendre encore plus attractifs.L’autoroute passant à l’Est de Mont-de-Marsan, on fait le pari que des zones d’activités économiques vont se développer. Et il y aura la future gare LGV dans quelques années. Les gens qui iront travailler sur Mont-de-Marsan, qui constituera le pôle d’emploi le plus important de ce secteur du nord-est landais, vont vouloir bâtir dans ce périmètre. On le remarque déjà.
A l’échelle de notre commune, on a réalisé une opération de lotissement de 31 lots. C’est ambitieux pour une petite commune, ça pouvait paraître même déraisonnable, surtout dans un contexte moins favorable qu’il y a 2 ans. On a mis en vente les premiers lots en février 2009. Nous avons tenu notre objectif pour la première année d’en vendre un tiers. Les prévisions d’en vendre un second tiers pour la deuxième année nous paraissent réalistes. Après, j’espère que les choses s’amélioreront.
Mais la commune a un vrai potentiel d’attractivité, avec des médecins, une école, une gendarmerie, la Poste qu’on essaie de défendre becs et ongles, même si la direction centrale tend à grignoter les heures d’ouverture, une caserne de pompiers professionnels, 22 associations, des commerces et des projets d’extension de commerces, des équipements sportifs, un cadre patrimonial intéressant et une nature accessible. Je crois que Saint-Justin est une commune qui ne manque pas d’attraits, d’atouts.
Jusqu’à combien d’habitants seriez-vous prêts à accueillir ?
En 5 ans, la population a connu une hausse 9.5%. Notre objectif est de revenir rapidement aux 1000 habitants que comptait Saint-Justin il y a 30 ans, pour maintenir une certaine activité à la Poste, dans les commerces, pour stabiliser et sécuriser les effectifs de l’école. Après, le palier que nous nous sommes fixé, c’est 1200 habitants, avec des zones ouvertes à l’urbanisation dans un périmètre rapproché du bourg, en ré-agglomérant l’urbanisation, pour avoir moins de coûts en termes de réseau et d’entretien. Ensuite, une fois ce palier atteint, s’il l’est un jour, se posera la question de l’ouverture de nouvelles zones. Là, on a fixé un niveau plafond à 1500 habitants.
Quels projets avez-vous réalisés depuis votre arrivée à la mairie ?
On est en train de terminer l’ancien presbytère, à côté de la mairie, où a vécu le chanoine Tauzin, historien et poète gascon. On va y réaliser deux logements communaux qui seront livrés au 1 er mai. Quand on entre dans ces bâtiments, on entre dans l’histoire. Au total, nous avons 18 logements communaux. Ca nous a permis de relancer une politique de l’habitat.
Ce sont des logements sociaux ?
J’utilise volontairement ces termes. Il y a une connotation négative du logement social. Il suffit de dire que ce sont des logements communaux, avec des loyers très accessibles. Ils permettent à une population soit rurale, des personnes âgées qui veulent revenir sur le centre-bourg parce qu’elles ont besoin d’une certaine sécurité et de se rapprocher de services, soit à des jeunes qui entrent dans la vie, de pouvoir bénéficier d’un logement équipé, accessible. Le pari fait a été de se dire que ces locataires viendraient ensuite se fixer à Saint Justin, et c’est le cas puisqu’on en trouve aujourd’hui certains qui s’installent sur le lotissement communal.
Nous sommes également en train de réaliser le réaménagement et l’agrandissement de la salle des sports, avec la particularité d’y mettre un toit photovoltaïque.
Enfin, un projet qui avance bien aussi, c’est celui de la création d’une maison pluridisciplinaire de santé. Nous avons la chance sur Saint-Justin d’avoir deux médecins de 45 ans.
Nous essayons aussi de remplir la zone économique de la Communauté de Communes de Roquefort, pour essayer de faire venir quelques entreprises et ainsi générer de l’emploi.
Nous souhaitons aussi densifier l’offre commerciale. Il reste aujourd’hui une épicerie et un dépôt de pain. Et on a donc ce projet d’installation d’un Intermarché.
Ne craignez-vous pas que cela entraîne la disparition de l’épicerie ?
C’est un faux problème. En matière de commerce, la concurrence est toujours saine. Il y avait énormément de commerces à Saint-Justin quand j’y suis arrivé il y a 30 ans : 2 boulangers, 2 épiciers, 3 bouchers. Et il n’y avait pas plus d’habitants ! Les commerces ont fermé les uns après les autres, souvent parce qu’en territoire rural, le commerce et le lieu d’habitation ne font qu’un. Quand la personne arrête l’activité, elle quitte rarement sa maison, ce qui ne facilite pas la reprise. Les élus doivent anticiper et redynamiser le tissu commercial. Ce n’est pas quand le dernier aura fermé la porte qu’il faudra s’en soucier.
La réforme des collectivités a-t-elle déjà un impact sur le fonctionnement de votre commune ?
Les effets vont se ressentir assez rapidement. Cela génère déjà pas mal d’inquiétudes chez les élus. Parce que comme dans toute entreprise, les projets ne pourront se faire que si en face, nous en avons les moyens. Il y a deux aspects : le fonctionnement et le développement de la commune. Le fonctionnement est dû aux habitants. Les projets, c’est ce que l'on veut pour eux dans l’avenir et pour ceux qui arriveront après. Le nerf de la guerre et le dénominateur commun, ce sont les finances. Aujourd’hui, sur les finances des communes, il y a énormément d’interrogations. Si on touche aux finances du Conseil Général et du Conseil Régional, cela viendra en cascade affecter le fonctionnement des communes. Si pour l’une des 22 associations de Saint-Justin je dois me tourner vers le département, et qu’il me dit qu’il ne peut plus rien faire, il va bien falloir que je trouve des éléments de réponse. Soit on va les trouver dans la fiscalité locale, mais ce n’est pas l’objectif, soit on va dire : « écoutez, je ne peux rien faire, tout simplement ».
Avec la réforme va également se poser la question du regroupement des territoires, avec tout ce que cela peut engendrer en perte de proximité par rapport à la prise de décision, à la perte d’identité territoriale. Si on doit avoir demain des territoires de 20 000 habitants, dans les Landes où la densité de population est relativement faible, il va falloir regrouper de vastes territoires. Avec le respect que j’ai pour les autres territoires qui valent bien le nôtre, on pourra quand même se demander ce que l’on a à voir les uns avec les autres, si ce n’est le fait d’être tous embarqués sur la même galère. On l’a bien vu lors de la tempête il y a un an. Les postes de commandement opérationnels, c’étaient bien les mairies ! C’est l’échelon où l’on a des élus de proximité, en capacité de prendre des décisions, d’organiser, de débloquer des financements immédiats, de prendre des décisions de secours, d’urgence. Demain, si on éloigne les centres de décision des besoins de la population, on fera fausse route. On aura des déséquilibres très marqués en termes de services de la population. On aura des zones qui seront bien desservies, et d’autres qui seront délaissées.
Qu’est-ce-qui vous a poussé à devenir maire ?
Je ne suis pas de Saint-Justin, même si j’y vis depuis 30 ans. Culturellement c’est important, parce que quand on arrive dans un village, on n’est pas « de là ». Il y a derrière la connotation d’étranger, même si je suis Landais de pure souche, sept générations en arrière, autant du côté de mon père que de ma mère.
Ce qui m’a poussé, c’est l’envie de faire des choses. J’ai commencé à me présenter aux élections municipales quand je suis arrivé à Saint-Justin. Il faut laisser faire le temps, acquérir une certaine maturité, une connaissance du fonctionnement et des règles des communes. Et puis j’ai un engagement politique aussi depuis longtemps, qui fait que je me suis toujours intéressé à cet aspect de la vie publique et à ce qui peut contribuer au développement d’un territoire.
Dans la fonction d’élu, il y a deux aspects : la gestion du quotidien de la commune qui constitue la partie nécessaire et ensuite toute la prospective. Par exemple, on a eu en décembre notre PLU, qui est l’aboutissement de quatre ans de travail. On a essayé de penser à ce que sera la commune dans 15 ou 20 ans, ou ce qu’on veut qu’elle soit. Si on n’a pas envie d’être un village un jour de 3000 habitants, il suffit de ne pas ouvrir les terrains à l’urbanisation à outrance.
Cette fonction est passionnante, envahissante, mais je crois que comme tous les maires, on la fait avec plaisir, parce que quand on réalise des projets, on se dit qu’ils vont s’inscrire dans une certaine durée et qu’ils sont utiles à toute la collectivité.
Vous êtes directeur du département tourisme rural à la chambre d’agriculture des Landes. Est-ce que cela permet d’enrichir votre « travail » de maire ?
C’est évident. Selon la fonction que l’on occupe, on peut avoir plus de facilités pour ouvrir certaines portes, pour décoder des mécanismes, notamment au niveau de l’accès à des financements du Département, de la Région ou de l’Europe. Et je crois aussi que c’est la richesse que l’on acquiert en rencontrant des gens d’horizons divers. Ils alimentent un carnet d’adresse que l’on ne se prive pas d’utiliser pour l’intérêt de la commune.
Quel est votre meilleur souvenir à la tête de la mairie ?
Le plus fort, très personnel, c’est que j’ai eu le privilège de marier ma fille. Autrement, c’est tout simplement le merci de certaines personnes à qui on a rendu des services qui rentrent naturellement dans la fonction élective. Je retiens aussi bien sûr toute la spontanéité qu’il y a eu au lendemain de la tempête du 24 janvier, quand 90 bénévoles sont arrivés devant la mairie armés de tronçonneuses. Vous vous dites alors qu’il y a pas mal de gens qui aiment leur village. C’est là qu’on se rend compte que la notion de municipalité n’a de sens que si derrière, les gens s’y reconnaissent. Et je crois que ça a été le cas à Saint-Justin et ailleurs.

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