vendredi 12 mars 2010    


Vous êtes dans: L'Essentiel Collectivités L'actualité des collectivités

Lutte contre les incendies : le rôle capital des maires

Feu forêt Alors que des incendies ont ravagé plus de 200 hectares dans les Landes fin juin et que la menace pour l'été est réelle, en raison de l’état des forêts dévastées par la tempête Klaus, il est important de rappeler le rôle joué par les maires dans la prévention et la lutte.

Le maire, directeur des opérations de secours

Au titre de ses pouvoirs de police, le maire est Directeur des Opérations de Secours (DOS). Les sapeurs pompiers, qui commandent les opérations de secours (COS), sont à sa disposition pour mettre en œuvre une stratégie d’intervention. Quand l’incendie se propage à une seconde commune, le Préfet devient le DOS. Trop de maires ignorent cette responsabilité selon le Colonel Olivier Bourdil, Directeur Départemental du SDIS des Landes. « Le COS va gérer l’intervention, mais s’il y a des choix fondamentaux à faire, des arbitrages, ce sera au maire de les faire », explique le Colonel. « Imaginez par exemple, notamment avec cette nouvelle problématique des chablis, que l’on soit obligé de définir des priorités en ce qui concerne les actions à mener. Je peux être amené à dire à un maire : « le feu est en propagation libre, j’ai beaucoup de difficultés pour l’éteindre parce que je ne peux pas y accéder. Je vais donc axer ma priorité et toutes mes forces pour la protection de tel camping. Est-ce que vous êtes d’accord avec cette stratégie ? ». Et le maire me dira oui ou non. S’il dit non, il assumera les responsabilités, puisqu’il est le Directeur des opérations de secours. »

Avant l’arrivée des pompiers, le maire, ou ses adjoints, peuvent prendre des mesures, comme faire évacuer une zone habitée. Ils peuvent ensuite être des facilitateurs, en indiquant par exemple les bornes d’incendie, ou informer sur le nombre de personnes habitant les environs, et sur leur présence au moment du sinistre.


Une surveillance accrue indispensable

L’objectif est d’étouffer les feux dès leur naissance, pour qu’ils n’aient pas la possibilité de s’épanouir, de prendre de l’ampleur, de la vitesse, devenant alors difficile à éteindre. Pour ce faire, les maires et les Associations Syndicales Autorisées (ASA) de Défense de la Forêt Contre les Incendies (DFCI) doivent assurer une surveillance. Les ASA de DFCI, nées dans les années 50, ont trois missions : ouvrir des pistes pour les pompiers, leur créer des points d’eau, et une fois que l’incendie a été éteint, assurer la garde du feu. Dans les Landes où il y a beaucoup d’humus, des fumées peuvent encore durer plusieurs jours après l’extinction du feu. Si elles ne représentent pas de vrais risques, il est important de les surveiller. Sous l’autorité des maires, le personnel spécialisé des ASA de DFCI, qui connait bien le secteur, va effectuer des patrouilles. Après la tempête Klaus du 24 janvier dernier, ce rôle de surveillance des maires est encore plus capital. Comme les sapeurs-pompiers ne peuvent pas atteindre facilement le centre des feux, en raison des nombreux chablis, il est important d’empêcher l’extension des feux.

Adaptation des techniques après la tempête

A cause des arbres tombés, les sapeurs-pompiers ont dû adapter leur façon de procéder. « Notre technique normale est d’intervenir sur les flancs avec des camions, en remontant jusqu’à la tête du feu. Notre force pendant très longtemps, jusqu’à ce jour, a été notre maillage, la détection précoce et une attaque massive au cœur des massifs dans des délais raisonnables, c’est-à-dire avec une première unité dans les 20 minutes » raconte le Directeur départemental du SDIS. Aujourd’hui, avec la présence des chablis, le feu prend très vite de l’ampleur et devient difficile à arrêter. « Il faut que l’on s’organise différemment. On essaie de trouver des pénétrantes. On peut aussi imaginer d’attendre le feu sur des lignes. L’important à ce moment là est d’arriver à fixer le feu. Ensuite, on va passer au niveau « feu éteint », mais à l’intérieur, il y aura encore des endroits qui seront inaccessibles. Donc ça va continuer à fumer pendant 4, 5 jours. Ca n’a aucune importance » précise le Colonel. La garde du feu, autre mission des maires, va alors consister à faire des rondes sur cette bande périmétrale du feu, pour s’assurer qu’il n’y a pas de propagations ou de nouveau départ.

Des moyens renforcés Lutte contre l'incendie

Le SDIS des Landes compte 300 pompiers professionnels, et environ 1500 volontaires, ainsi que 60 personnels administratifs et techniques. Des conventions ont été passées avec des entreprises pour avoir des bulldozers, qui permettent de créer une bande périmétrale quand les pompiers se sont rendus maîtres du feu. Cette bande carrossable pour un tracteur, permet de former un obstacle pour le feu, et aux ASA de DFCI de patrouiller afin de s’assurer qu’aucun feu ne redémarre. Les engins du SDIS ont également été équipés de canons, et de pelles à l’avant, afin d’améliorer un peu la pénétration, ou de déplacer quelques billons de bois. Alors que les attaques se faisaient auparavant toujours depuis les véhicules, des tuyaux ont été établis au sol pour permettre une plus simple progression.

Par ailleurs, deux canadairs vont être prépositionnés en permanence à Mérignac (33). Jusque-là, les renforts aériens envoyés dans les Landes venaient de Marignagne (13).

Les risques cet été

Comme l’a tristement illustré l’incendie entre Meilhan et Campagne, qui a ravagé en plusieurs jours quelque 180 hectares, le principal risque de cet été est lié aux orages secs. Les centaines d’impacts d’orage les nuits précédentes seraient à l’origine du départ de feu. Plusieurs d’entre eux avaient été stoppés seulement quelques heures après l’orage. Grâce au logiciel météorage, tous les impacts sont connus par les Sapeurs-Pompiers, qui peuvent envoyer sur place un hélicoptère de reconnaissance, qui s’assure qu’il n’y a aucun départ de feu. « Ce que l’on craint, ce sont les orages secs, parce que ce sont de multiples départs de feu. Là, ça va parce que c’est vert, donc la végétation ne propage pas rapidement les départs de feu. La même chose fin juillet début août, si on est vraiment dans une période un peu sèche, avec 3 à 5 jours de beau avec un peu de vent, ça devient très dangereux », prévient le colonel Bourdil.

Les maires et les ASA de DFCI ont là aussi un rôle à jouer. Il leur est recommandé d’effectuer des patrouilles au lendemain des orages, dans les secteurs qu’ils savent propices à la foudre. « Plus on sera en forêt à faire des patrouilles et mieux ce sera » conclut le Directeur départemental du SDIS.

 
Infos légales > Plan du site >    
Avec le concours de : l'Agence Landaise pour l'Informatique, le Centre de Gestion de la Fonction Publique Territoriale des Landes, l'Agence Départementale d'Aide aux Collectivités Locales, L'Association des Maires des Landes, Le Conseil Régional d'Aquitaine.