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Les collectivités face à la dépendance

le 29 octobre 2012







Le Compas (Centre d'observation et de mesure des politiques d'action sociale), expert en analyse de besoins sociaux, propose une étude prospective consacrée à l'évolution des politiques en faveur des personnes âgées…

De l'échelon communal à l'Etat, toutes les strates de gouvernance de notre territoire sont concernées par l'accompagnement des aînés, notamment au travers de la question de la dépendance. Aujourd'hui, 1 million et demi de personnes âgées sont dépendantes, en 2040, elles seront plus de deux millions… Pour les décideurs, orienter une stratégie suppose d'anticiper les besoins, l'évolution de la démographie, les progrès de la science, etc. Ainsi, l'étude du Compas tente de faire le point sur ce que demain pourrait nous réserver ...


Les femmes plus touchées…

Sur les 1,2 millions de personnes âgées titulaires de l'Apa (l'allocation personnalisée d'autonomie), les trois quarts sont des femmes. Certes, elles vivent en moyenne 7 ans de plus que les hommes, mais souvent en moins bonne santé. Or, il ne faut donc pas confondre espérance de vie et espérance de vie en bonne santé.

Si les femmes sont très concernées par la dépendance, ce sont elles aussi qui, le plus souvent, endossent le rôle « d'accompagnant ». On notera au passage que cette situation est d'autant plus lourde à assumer que nombre d'entre elles comptent encore un ou plusieurs enfants à charge…

Accompagner une personne dépendante a souvent des conséquences sur la propre santé de l'aidant, cependant les solutions alternatives sont souvent limitées, surtout pour les milieux défavorisés. De ce point de vue, une étude de l'INED (Institut National Etudes Démographiques) démontre que la « majorité des personnes âgées s'accorde à penser que l'essentiel de la prise en charge de la dépendance devrait, dans l'avenir, être d'ordre professionnel ».


Un vieillissement inéluctable ?

Depuis la fin des années 1950, la part des plus de 60 ans a augmenté, passant de 16 % à 23 %. A contrario, celle des moins de 20 ans est passée de 34 % à la fin des années 1960 à 24 % aujourd'hui…

Les raisons de cette évolution sont multiples : d'un côté les progrès de la science et du confort de vie ont permis d'allonger l'existence, pendant que la fécondité déclinait à la fin des années 60, grâce notamment à la maîtrise des naissances…

Il est à noter que ces tendances n'ont été que très légèrement compensés par le phénomène de l'immigration.

Faut-il en déduire que ces conditions perdureront ? Il est probable que non.

D'ici 30 ans, la relative reprise de la fécondité, si elle devait se maintenir, alliée à la disparition des premiers baby-boomers seraient propres à redresser la courbe du rajeunissement de la population…


Des disparités régionales

Depuis quelques années, le phénomène « d'héliotropisme », qui pousse une partie des retraités –souvent aisés- à « migrer » vers des régions au climat plus clément, a modifié la démographie de certaines régions ou villes.

Si le sud-est de la France avait jusqu'ici largement « la cote » auprès des seniors, les départements du sud-ouest semblent aujourd'hui de plus en plus prisés.

L'étude propose d'ailleurs un « palmarès » des 100 plus grandes villes qui comptent le plus de personnes de 85 ans rapportées à leur population totale… On ne sera pas surpris d'y retrouver la ville de Cannes en première position, et pour ce qui concerne la région Aquitaine, c'est Pau qui est en tête (par ailleurs classée 9ème au niveau national).

D'autres communes voient leur population vieillir, non pas à cause de l'afflux de personnes âgées, mais plutôt d'une baisse de la fécondité, due essentiellement au déficit de population jeune. Suivant les cas, cette carence peut s'expliquer par une pénurie d'emplois locaux ou bien en raison de tarifs immobiliers trop élevés.

Au-delà de la simple démographie, la politique en matière d'accueil des personnes âgées est plus ou moins volontariste selon les départements. Le niveau de leurs ressources, lui aussi hétérogène, pourrait également être une menace sur l'équilibre du financement de la dépendance…


Un cap difficile

Selon les spécialistes, les années 2020-2050 devraient être les plus délicates pour ce financement avec l'arrivée à l'âge de la dépendance des fameux baby-boomers cités plus haut. Il s'agit de personnes nées dans les années 40 qui auront alors plus de 80 ans, âge auquel l'accompagnement concerne jusqu'à 71% des individus…

Cependant, beaucoup d'inconnues subsistent, et notamment les progrès de la médecine pour des pathologies très incapacitantes comme la maladie d'Alzheimer.


Quelle politique locale ?

On l'a vu, en la matière, si certaines données sont tangibles, d'autres sont difficiles à prévoir, comme par exemple les évolutions de l'espérance de vie… Le Compas propose d'ailleurs un « indice de vieillissement attendu », qui tente de mixer tous ces paramètres pour les 100 villes étudiées. A l'examen de ces chiffres, on prend conscience que la situation de demain n'aura, pour nombre d'entre elles, aucun rapport avec l'actuelle.

Concernant les financements, les dernières estimations de l'Insee ne portent guère à l'optimisme, puisque la dépense pour l'APS pourrait passer de 7 à 20,6 milliards d'euros d'ici 2040 ! Reste à savoir qui paiera l'addition…

Les communes seront également très concernées par ces changements. Elles devront aussi s'adapter, car les seniors d'aujourd'hui et de demain exprimeront sans doute d'autres besoins que par le passé. L'exercice est d'autant plus ardu que l'univers du 3ème âge est composé de personnes très différentes à tous points de vue...

Consultez l'étude .

Pour aller plus loin, consultez notre reportage « Landes 2040 : NTIC et domotique au service des personnes âgées ».

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