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Déserts médicaux : question de point de vue

le 24 octobre 2012

Au moment où la lutte contre les déserts médicaux occupe le devant de l'actualité, sont publiées deux études dont la philosophie est assez différente …

La première contribution, titrée « atlas de la démographie médicale », proposée par le Conseil National de l'Ordre des Médecins, se veut relativement optimiste. Selon les auteurs, on n'a jamais compté autant de médecins en France : 268 072 pour être exact (dont 42% de femmes). Il n'y a donc pas pénurie, on peut même dire que notre territoire se situe de ce point de vue dans la moyenne européenne.

Ce constat serait idyllique, si un quart de nos praticiens n'avait déjà dépassé la soixantaine, ce qui va rapidement poser un problème, même si nombre d'entre-eux, bien qu'officiellement à la retraite, poursuivent leur activité.

Concernant les déserts médicaux, le Conseil National se veut rassurant : selon lui, tous les français comptent un généraliste à moins de 15 minutes de chez eux. Ce paramètre doit être pondéré si on s'intéresse aux spécialistes. S'il y a pléthore de thérapeutes dans certaines disciplines, on en manque cruellement dans d'autres, comme par exemple la pédiatrie…

De plus, on constate d'énormes disparités d'implantation suivant les régions : certaines, comme la région PACA étant largement surdotées… Pour le Conseil, il conviendrait d'instaurer des mesures incitatives pour encourager l'installation des jeunes médecins dans les zones déficitaires.

La seconde publication est l'œuvre du groupement de consommateurs UFC-Que Choisir. Comme on pouvait s'y attendre, le constat se fait plus sévère et les propositions bien différentes… Si l'on en croit ce second document, la progression des déserts médicaux est patente, elle s'assortit bien souvent de dépassements d'honoraires propres à « exclure les usagers les moins aisés ».

Ainsi, 58% des Français ont un accès difficile aux pédiatres au tarif conventionné, tandis que cette proportion passe à 80% pour les ophtalmologistes ou les gynécologues ! Conséquence : pour la moitié des patients, le délai pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste dépasse les 131 jours.

Pour faire évoluer la situation, l'UFC appelle à des réformes plus coercitives, elle suggère notamment d'imposer aux médecins installés en zones « surdotées » de ne pouvoir exercer en dehors du secteur 1, de diminuer les aides publiques dans ces secteurs, et enfin de plafonner puis de supprimer les dépassements d'honoraires…

Pour compléter son rapport, l'UFC propose une cartographie destinée à évaluer sa propre situation. Cette carte est complétée d'un lien permettant d'accéder directement à un formulaire. Il convient de le remplir si l'on pense être « victime de la fracture sanitaire ». Ce dernier sera adressé directement à ses députés et sénateurs.

Consultez le résumé de l'atlas de la démographie médicale 2012 .

Consultez l'enquête UFC-Que choisir .

Consultez la carte de la fracture sanitaire UFC .

Pour aller plus loin, consultez notre article « Déserts médicaux : une page se tourne… »

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